Côte d’Ivoire : retour Gbagbo,Blé et exilés, libération Affi et autres prisonniers politiques…pas avant avril 2021

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Pour l’heure le maitre du jeu s’appelle Alassane Ouattara. Le ‘’Bravetchê’’ est parvenu savamment à retourner la situation en sa faveur. Soumettant ses adversaires à l’épreuve du realpolitik. En ballotage, l’opposition ivoirienne devra désormais choisir. Entre la guerre des mots et l’affrontement terrain. Ce à travers les législatives pointant à l’horizon. Enjeu : la légitimité. Or là aussi rien ne garantit que le Rhdp n’activerait pas encore sa machine à score soviétique.

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Laurent Gbagbo à Abidjan ne sera pas un simple fait anodin. Le retour de l’ex-Président impulsera une seconde vie à biens d’acteurs politiques. Qui sortiront systématiquement de leur ‘’silence’’ en vue de tirer profit d’un regain certain. Car il y a un tout un peuple qui a tourné dos aux élections depuis 2011. C’est le constat dans plusieurs centaines de localités.

Schéma auquel s’ajoutent les leçons de l’échéance du 31 octobre dernier (le spectre du vote-vérité). Il apparait évident que le Rhdp ne se fera pas harakiri. En s’attirant des obstacles sur le chemin de la démonstration de sa majorité. Les législatives 2021 se présentant comme le baromètre par excellence. Test de confirmation/consécration ou de revanche. Selon que l’on se positionne. Pour tout dire malgré l’amour « fraternel » qui l’animerait,  Alassane Ouattara n’ouvrira de sitôt ses frontières à son « frère Laurent Gbagbo ».

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Revanche. C’est justement le mot-thème qu’a choisi le coordonnateur-Rhdp du Moronou. Parlant des consultations électorales à venir.Théophile Ahoua N’Doli qui est sûrement frustré par l’échec du 31 octobre. En fait malgré tout il n’y a pas eu d’élection dans cette région. Comme ce fut le cas dans biens d’autres. Alors l’Inspecteur général de l’État entend en réalité se venger contre Pascal Affi N’Guessan. Tant que ”le lion du Moronou” est en ”cage” on peut tout se permettre.

Suivant une certaine opinion, l’arrestation du président du Fpi se rapporterait à une punition du régime d’Abidjan à l’encontre celui-ci. A tort ou à raison, Affi était taxé d’avoir des atomes crochus avec le système Ouattara. Pour ces mêmes langues, l’ancien Premier Ministre est donc sanctionné par les dirigeants pour « trahison ». Inepties ou subtilité, toujours est-il que sa libération ne figure pas dans l’agenda des ‘’Unifiés’’. Du moins pour le 1er trimestre 2021. Les premières élections locales se tenant normalement au mois de mars prochain.

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La nomination de Kouadio Konan Bertin (KKB)  à la tête du ministère de la réconciliation n’est qu’un coup de com. en réalité. Nous l’avons dit. Ce geste illustre uniquement l’assiduité des moines copistes. Il fallait satisfaire aux exigences de la France et alliés. Qui en contrepartie du soutien au 3ème mandat d’Alassane Ouattara, ont recommandé à celui-ci de créer ce département ministériel de trop.

KKB se verra imposer une feuille de route. Fiche de poste qui lui fera perdre toute sa fougue affichée pour le « rassemblement des fils et filles de la Côte d’Ivoire ». Le récent chalengeur (malgré lui) du président sortant n’avait pas eu besoin de budget gouvernemental pour rendre visite à Gbagbo et Blé Goudé à la Haye. Mais vous verrez que paradoxalement le ministre aura du mal à leur renouveler cette marque de compassion. Contraintes liées à sa nouvelle fonction aidant.

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Toujours dans l’esprit desdits calculs politiciens, Mabri, Guikahué, Lobognon, Jacques Mangoua (Gbêkê) ainsi que tous ces Pro Soro emprisonnés ne gouteront pas à l’air de la liberté. Pas avant que le Rhdp ait « bouclé et géré » législatives, municipales, régionales et sénatoriales.

A moins dans une semaine  Alassane Ouattara ne cède à la pression du vent de la réconciliation [forcée]. Cette rafale provenant de la Seine. Seule jusqu’ici à vraiment pouvoir le faire reculer.

Marius Aka Fils      

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