Côte d’Ivoire : Cette vague d’arrestations et de menaces qui corse davantage le climat de peur

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Les analystes les plus rigides parlent de « malédiction du quinquennat ». La Côte d’Ivoire, ce pays partout désigné « terre bénie de Dieu » par bon nombre de religieux, présente plutôt un autre visage. 65 ans après son indépendance, les Ivoiriens n’ont jamais gouté aux délices d’une alternance pacifique ; encore moins à une passation de charges entre deux Présidents. 2000, 2020 puis 2025 s’annonce moins rassurant avec l’élection présidentielle du 25 octobre prochain.

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Car malgré les interpellations du collège de religieux, des acteurs de la société civile, de certaines Ong internationales notamment l’Institut Républicain International (IRI), le camp présidentiel demeure dans sa logique d’organiser des élections pour le moins hautement conigènes.  Un mépris des voix dissonantes qui s’accompagne d’une vague d’arrestations, de menaces et d’intimidation tous azimuts.

Le Ppaci de l’ex-Président Laurent Gbagbo et la Pdci-Rda de l’ancien Ministre Tidjane Thiam, tous deux exclus de la course à la présidentielle, en font amèrement les frais depuis lors. C’est quasi quotidien la publication de communiqués, de déclarations de la part de ces deux formations politiques indiquant les arrestations voire enlèvements de leurs militants et sympathisants sur le territoire national.

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Le pouvoir d’Abidjan n’épargne personne. Me Blessy Jean Chrysostome, Avocat au Barreau d’Abidjan qui plus est Député de la nation s’est vu interdit de quitter le territoire du pays. Ce proche collaborateur du président Tidjane Thiam se rendait pourtant en Tunisie pour des soins médicaux dans la nuit du mercredi 1er octobre au jeudi 02.

A la lumière des faits, ces personnalités ainsi que les militants actifs des partis de l’opposition sont peut-être plus ‘’chanceux’’.  Djolé Jean Balack, ancien secrétaire général de la Fesci campus ancien, a été enlevé le mardi 09 septembre 2025 à son domicile à Cocody-Anono aux environs de 18h50 par des individus non identifiés à bord d’un véhicule 4×4 blanc ; selon des témoignages.

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Ce n’est malheureusement pas le cas de D. Simplice et son épouse vivant dans le quartier d’Anono. Ce couple croule sous le poids des menaces depuis la marche du ‘’front commun’’ organisée le 09 août dernier à Yopougon.  D. Simplice qui est opérateur économique nous confiait ceci le mercredi 12 août dernier : « Figurez-vous que je n’ai même pas participé à la marche. Ce jour-là j’étais en déplacement pour un mariage (…) Le simple fait que mon épouse soie ‘’Ggbagboîste’’ affichée nous vaut toutes ces menaces (…)  Est-ce un crime que d’être opposant ? En plus moi, on me dit que je ‘’Bôyôrôdjan (Ndlr : étranger) et puis je suis les gens de l’opposition. Je suis père étranger certes mais de mère ivoirienne. Vraiment nous craignons pour notre vie. Anono est un petit village et nous avons peur des représailles. » s’inquiète-il.

A quand la fin de tout ça ?

Toubenit Amos 

 

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