Côte d’Ivoire/ Ouattara : « Je ne comprends pas comment … » ironie, panique ou erreur d’appréciation ?

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Alassane Ouattara a présidé mardi dernier le tout premier Conseil politique de l’après 31 octobre de son parti de. Le locataire du palais présidentiel et ses collaborateurs se sont retirés à Sofitel Hôtel Ivoire pour « analyser la situation sociopolitique en Côte d’Ivoire ».

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« Je ne comprends pas comment le Pdci et le Fpi manipulent les jeunes dans 13 départements… alors que nous sommes au pouvoir.»  Aurait laissé entendre le président du Rhdp. Qui invita par la même occasion « ceux qui rêvent d’une transition politique en Côte d’Ivoire à se réveiller. » !

En première lecture, on pourrait s’hasarder d’attribuer une perception ironique au groupe de mots «  Je ne comprends pas…» La rhétorique politicienne prendrait alors tout sens. Suivant cette logique de raisonnement, on dira que Ouattara nargue les contestataires de son pouvoir. Pour lui, c’est désormais peine perdue pour ces derniers «  nous sommes au pouvoir ». En d’autres termes, à quoi bon suivre les mots d’ordre des leaders politiques quand ceux-ci ont échoué à empêcher «  ma réélection. »

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Ouattara le dit avec autant de suffisance et de mépris  parce qu’Henri Konan Bédié lui a prêté le flanc le 11 novembre dernier. Au sortir de leur rencontre dite de prise de contact, le président du Pdci, demandant son interlocuteur à prendre la parole en premier, lui rappela ceci : « c’est vous le Président ».  Persifflage ou confession, difficile de savoir. Il y a que depuis lors le Sphinx de Daoukro a rangé aux calendes grecques son Conseil National de Transition (CNT). Bédié ne parle désormais que soit en sa qualité de patron du parti sexagénaire soit chef de file de la plateforme de l’opposition.

Comment comprendre [justement] qu’une ‘’simple’’ désobéissance civile soit parvenue à perturber un processus électoral sécurisé par 35 000 éléphants barrissant

Cette sortie de Ouattara peut être lue autrement. L’ex-Secrétaire général du Rdr serait-il désagréablement  surpris de la capacité de résilience des populations. Elles qui bravent miliciens et microbes depuis le 06 août dernier. Ces combattants pro-démocratie aux mains nues qui résistent à cette « république des machettes ». Pays  dans lequel ceux qui décapitent leurs concitoyens circulent librement. Tandis que ceux qui abattent les arbres ou érigent des barrages de fortune sont ciblés par des appels à témoins.

Comment comprendre [justement] qu’une ‘’simple’’ désobéissance civile soit parvenue à perturber un processus électoral pourtant sécurisé par 35 000 ‘’éléphants’’ barrissant ? Alors qu’en 2010 devant l’échec d’une opération similaire (désobéissance civile), on s’est vu obligés de passer à l’offensive militaire pour en finir avec Laurent Gbagbo ? Aveu d’impuissance ou panique ? Une chose est sûre, Ouattara espérait avoir la rue à l’usure. Malheureusement ce plan est très  loin de fonctionner.

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Erreur monumentale

Les ‘’indéboulonnables’’ auraient dû appréhender l’évidence de la menace que représentait cette  candidature de trop. Car ceux qui occupent les rues ne l’ont pas fait contre Feu Amadou Gon Coulibaly. La vague de contestation qui secoue la Côte d’Ivoire depuis bientôt 5 mois a plutôt pris sa rampe de lancement dans  l’annonce de la candidature d’Alassane Ouattara. Alors ce dernier devait avoir compris que ce n’est pas le Fpi et le Pdci qui manipulent des jeunes. L’Imam Aguib Touré de la Mosquée Al-Houda Wa Salam d’Abobo et l’Archevêque d’Abidjan, Monseigneur Jean-Pierre Kutwa avaient ouvertement fait remarquer que cette prétention n’était pas nécessaire. Ces deux guides religieux sont-ils manipulés par Bédié ou Affi ?

Le prélat disait récemment qu’il ne suffit pas d’organiser des élections, d’en déclarer un vainqueur, pour que les cœurs meurtris soient guéris et que la paix s’installe. L’un des moyens pour aller à la réconciliation c’est le respect des lois que l’on se donne bien plus que les élections. C’est ici que la maxime latine prend tout son sens : « Dura lex, sed lex, la loi est dure mais c’est la loi. » Ajouta-il. La solution est toute simple pourtant : le respect de la loi fondamentale. Celle-là dont la violation a suscité le courroux du peuple depuis le 14 septembre dernier.

Alassane Ouattara a envoyé les cadres de son parti à réinvestir pour souhait-il, « apaiser les cœurs ». Le top départ de la foire aux mises en scène vient d’être donné. Le Rti servira bientôt à ses téléspectateurs une série de cérémonie de réconciliation à travers le pays. Engloutir l’argent du contribuable dans des missions insipides n’est pas la solution. La seule qui vaille, le respect de la constitution. C’est d’ailleurs tout ce que demandent les Ivoiriens.

Notons qu’une minute de silence observé par toute la galaxie des ‘’Unifiés’’ en hommage au Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly et au Ministre Sidiki Diakité. Fait noter le communiqué final signé par le porte-parole principal Kobenan Kouassi Adjoumani. Mais-fait notable-pas une seule seconde consacrée aux 85 morts (officiel) enregistrés depuis le 06 août dernier. Date à laquelle contre toutes attentes, Alassane Ouattara a décidé de briguer un 3è mandat.

Pour le Rhdp, l’essentiel est ailleurs. D’ailleurs «  le Conseil politique du Rhdp note avec satisfaction et fierté que l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 qui apparaissait comme une gageure, un défi, s’est bel et bien tenue et s’est globalement bien déroulée… Félicite le Président Alassane Ouattara pour sa brillante réélection au terme d’un scrutin démocratique, transparent et crédible…  »

Marius Aka Fils  

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