Musique : le Moronou doublement endeuillé, la Région pleure aussi son Boni Cantador

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Si la Région du Moronou était autonome, on y aurait observé une journée de deuil régional.  « Tcherewa Johnny », comprenez, le Johny Hallyday Agni, a déposé définitivement son micro le 08 juin dernier. Précisément dans l’une des chambres de l’hôpital général de Bongouanou. Loin donc d’« Abidjan Problèmes, d’Abidjan Crédits… »

le Moronou est en deuil

Les temps changent. Nous vivons  l’ère Arafat. Cet artiste dont la plupart d’entre nous ont  découvert sa célébrité planétaire, le génie légendaire, « sa bonté infinie …» malheureusement  que depuis le 12 août dernier. Date à laquelle, le Grand Manitou a décidé de l’arracher à l’affection de la ‘’Chine’’. Bien au-delà, de l’Afrique, du monde entier.

Sinon il faisait vraiment bon vivre dans le Moronou. Disons dans l’ancien Cercle de Dimbokro. Zone géographique recoupant alors  les villes de Dimbokro, Daoukro et Bongouanou. Région jadis prospère et grand pôle d’immigrations rurales. Entre 1950 et 1968 en effet, ce Cercle s’appelait la Boucle du Cacao et du Café (Bcc). A la nouvelle génération, vous devez savoir que c’est bien cette Bcc qui fut la mamelle nourricière de la Côte d’Ivoire. C’est elle qui a permis le miracle économique ivoirien réalisé en 1970.

A cette époque et bien d’années par la suite, les signes exibitoires de réussite sociale dans l’actuel Moronou se mesurait à la fragrance des sacs contenant des fèves séchées de cacao ou de café empilés dans un coin du salon, la succession de bouteilles de vin Valpierre sur la table à manger et surtout un magnétophone distillant à fond  les tubes de Boni Pascal alias Cantador.

L’artiste maitrisait son art. C’était en un mot la vedette de la musique Agni et Baoulé.  Évidement son  talent a passé ces frontières ethniques. Car Nanan Boni s’est exporté. La capitale économique et bien d’autres régions ivoiriennes se sont délectées de ses textes. Leurs habitants ont imité des années durant ses pas de danse. Justement  pour conquérir Abidjan puis étendre par la suite les tentacules de son rythme ‘’Ahossi modernisé ’’, il y débarqua dans les années 80 avec ‘’Les Cantadores de la Capitale’’. Cet orchestre, le sien,  a enflammé des soirées dans plusieurs communes abidjanaises.  ‘’Anouman Sandrofia’’ ; ‘’Ahoussian’’ ; ‘’A chez nous pays’’ ; ‘’Abidjan Problèmes’’….Une discographie plantureuse et riche d’une vingtaine d’œuvres musicales qui ont fait et feront vibrer son auditoire naturel mais aussi ces amoureux de bonne musique.

Selon le Commissariat Général du Festival des Arts et de la Culture Agni (Fesatgni), Boni Pascal sera inhumé le samedi 7 septembre 2019 à Abongoua, son village natal, dans la région du Moronou.  A noter que l’artiste dans un célèbre titre prémonitoire  nous invitait déjà  à le pleurer dignement s’il meurt.

A en croire le Commissaire général du Festagni, Eric Ané, c’est ce que tous les dignes fils du pays Agni s’apprêtent à faire pour honorer la mémoire de ce grand artiste Agni. « La région du Moronou et toutes les autres régions Agni se réuniront pour lui rendre cet hommage fortement mérité. Nous allons pleurer Boni Cantador, ce symbole de la musique Agni qui durant 60 ans de carrière a procuré de la joie autour de lui. » Ajoute-il.

Ce selon le programme suivant :

– Levée du corps le vendredi 6 septembre de 15h30 à 16h30 à Ivosep Bongouanou

– Inhumation le samedi 7 septembre au cimetière d’Abongoua

Mais avant, une veillée artistique sera organisée en Abidjan (la date sera communiquée ultérieurement)

Boni Cantador pendant son pèlerinage terrestre a sillonné villes et villages pour donner de la joie aux populations affligées. Après 60 années de carrière, le temps est venu pour nous ses admirateurs de lui rendre l’ascenseur, au moment où il entame le voyage éternel en le célébrant.

 

Marius Aka Fils

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