Côte d’Ivoire : désormais tout y ait, que rien ne vous surprenne, [absolument rien] !

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Lançant sa campagne électorale ce jeudi Alassane Ouattara a répondu ouvertement à tous (Onu, Ue, Ua, Cedeao, Opposition ivoirienne, citoyens). « Il n’y aura ni report de l’élection, ni dialogue, reformes Cie et Conseil Constitutionnel non plus…Transition politique…Arrêtez de rêver » A martelé le presqu’unique candidat. Le « Brave Tchê » parlait depuis Bouaké, le fief. Là où il y a 18 ans environ, un certain Koné Zakaria affirmait devant foule : « Nous avons pris les armes pour soutenir Alassane Ouattara.» 

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L’aventure ambiguë…

Kouadio Konan Bertin (KKB)  également est censé donner le top départ de son opération chasse aux voix depuis  la ville de Divo. Apparemment la manœuvre peine à lui réussir. La récente actualité du candidat-indépendant  envoi des signaux d’un KKB quelque peu perplexe. Trois faits majeurs en si peu de temps.  ‘’(1) KKB aurait tenté de quitter le pays avec sa famille (infox/info ?), (2) KKB pique une crise (le jour-même de lancement officiel de la campagne, Ndlr), (3) aucune affiche de campagne du candidat KKB visible toute la journée du 15 octobre dans le pays’’.  Sur ce dernier point « C’est une stratégie » à en croire le discours officiel.

A l’analyse, une seule évidence : l’ex-président de la jeunesse du Pdci a du mal à porter cette lourde charge. Ce fardeau du seul contre tous. « KKB a piqué une crise » hier parce que certainement la conscience refuse l’aventure dans laquelle le corps tente de s’engager.

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Alassane Ouattara quant à lui en a un parfaite expérience. Car Il faut être d’une certaine dimension spirituelle pour pouvoir supporter les reflux moraux d’une telle volte-face. A savoir déclarer à la face du monde « prendre sa retraite politique en 2020 » puis renier sa parole quelques moins après. En plus d’avoir demandé au paravent à ses collaborateurs de démontrer qu’on ne briguerait pas un 3ème mandat  quelles qu’en soient les circonstances.

…le plus dangereux virage amorcé…

Le candidat du Rhdp n’a pas usé du dos de la cuillère pour signifier à la coalition anti 3ème mandat qu’il ne reculera pas. Alassane Ouattara est d’ailleurs trop loin dans sa marche vers le renouvellement de son bail du Palais Présidentiel. Le 3ème  depuis 2010. Bouaké étant située à environ 400 Km de la Maison du Pdci-Rda de Cocody. D’où Bédié, Affi, Mamadou Koulibaly, Soro, Blé Goudé, Mabri…semblent avoir tiré l’ultime sonnette d’alarme ce jeudi.

Le ton est donné : « Abstenez-vous de participer à cette forfaiture (…) empêchez par tous moyens démocratiques, le convoyage du matériel électoral, les meetings de campagne» Ordonnent Henri Konan Bédié et ses coalisés à leurs militants ainsi qu’à « tous les Ivoiriens. » Pour ainsi dire,  ceux qui réclamaient des mots d’ordre et de l’action,  sont servis à satiété.

D’ailleurs le message était déjà en cours d’exécution dans plusieurs localités pendant ce temps. Certaines communes d’Abidjan,  les villes de Gagnoa, Daloa, Grand-Zatry, Dabou, Daoukro, Bongouanou, Yamoussoukro, Yakassé-Attobrou, Prikro, …  se sont signalées aussitôt ce jour. Et la « phase active de la désobéissance civile montera ainsi en intensité » avertissent des activistes.

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Mais l’aspirant au 3ème mandat est pour l’instant préoccupé par la routine. C’’est-à-dire, lancer sa campagne et envoyer Patrick Achi et collaborateurs en mission de séduction. Ouattara attend certainement un rapport détaillé de ses securocrates de l’impact du boycott actif. Si cela venait à menacer sa présidentielle consistant en réalité à remplir la formalité KKB, les vieux démons ressurgiront. En effet ce type de situation on la retrouve à foison dans les livres de la récente histoire de la Côte d’Ivoire.

Pour des manifestations pacifiques pré-électorales,  le pouvoir d’Abidjan ne s’est pas privé de lâcher soldats et microbes. Du coup l’exécution de ce pan de mot d’ordre « empêchez les meeting »  par l’opposition ne sera pas sans écueils. La violence étant l’apanage d’une des parties, les choses risquent de tourner à l’irréparable. La ville de Bongouanou en ferait le frais en ce moment selon des informations.

Alassane Ouattara vient de fermer à double tours les portes du dialogue. Narguant à la fois ses homologues Ghanéen et Nigérian et ses millions de compatriotes appelant à une solution négociée de la crise que traverse la Côte d’Ivoire. Il est certain que ces Ivoiriens jugeant sa candidature illégale, n’abdiqueront pas non plus : «  S’ils nous attaquent nous répondrons ! » préviennent-ils.  Quitte à chacun de nous d’apprécier. *  Surtout que plus rien ne nous surprenne !

Marius Aka Fils

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