Côte d’Ivoire : voici les 3 ‘’péchés capitaux’’ de Charles Blé Goudé qu’on vous cache

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Alors qu’il est blanchi par la Cour Pénal Internationale (Cpi). Après une procédure  chronophage à laquelle ont pris part des experts et témoins à charge atypiques. Charles Blé Goudé, le patron de la Galaxie patriotique des années chaudes en Côte d’Ivoire, fait  subitement encore  l’objet de poursuite judiciaire dans son pays. En vérité, dans la rue, il y a des actes ‘’impardonnables’’ que l’ex-ministre de Gbagbo a posés.

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Laurent Gbagbo est désigné par la Commission Nationale Electorale, Président de la République de Côte d’Ivoire le 25 octobre 2000. Non sans contestations. Prétexte sur lequel s’appuient les institutions de Breton Woods pour couper les subsides au pays d’Houphouët-Boigny. L’opération séduction du Premier Ministre Affi N’Guessan ne suffit guère à convaincre Banque Mondiale, Fmi et autres. Gbagbo actionne aussitôt Paul Antoine Bohoun Bouabré et biens d’autres sachant des questions complexes de l’économie et des finances.

De la conjugaison de ces intelligences sort le ‘’Budget Sécurisé’’, concept inspiré par feu Bohoun Bouabré.  Reforme finalement “saluée” par  Christine Lagarde (Fmi). Elle a reconnu en 2013, soit un an après la mort de l’ancien Ministre de Laurent Gbagbo, que la Côte d’Ivoire performe aujourd’hui économiquement parce que des reformes ont été apportées dans ce secteur à partir de 2001. Ne bénéficiant plus d’appuis extérieurs, la Côte d’Ivoire devrait compter sur elle-même. Ce que réussi le régime Gbagbo. L’espoir prenait ainsi progressivement le pas sur la psychose des heures troubles ayant précédé l’ascension de ‘’l’opposant historique’’ au pouvoir d’État.

Insidieusement, la nuit du 18 au 19 septembre 2002, tout s’arrête. Un coup d’État militaire est vite exécuté. Extraordinairement l’attaque échoue et les assaillants se replient sur Bouaké. L’armée ivoirienne vieillissante corps et arme, surtout divisée depuis le 1er coup d’État de 1999, n’avait pas techniquement les moyens de repousser une telle offensive en effet. Malheureusement, le mal s’approfondit. Car ceux qui ont porté l’estocade au sein de la mère patrie,  forment une rébellion depuis leur lieu de retranchement.

1er péché capital de Charles Blé Goudé

 Commence ainsi la saison 2 du coup d’État. Sans fioriture, on peut affirmer désormais que Guillaume Soro et ses lieutenants ont pris les armes en 2002 uniquement pour chasser Laurent Gbagbo.  Parce qu’avec le temps, on se rend compte que les raisons avancées à l’époque par les putschistes à savoir : « … Ségrégation des nordistes, dérives identitaires, charnier de Yopougon, chasse aux musulmans…” étaient absolument fallacieuses.

L’ancien Secrétaire Général du Mpci avoue vivre pire en ce moment (Ndlr : depuis le divorce d’avec le Rhdp). Mais Soro Guillaume préfère désormais exprimer son mécontentement à travers les Chrush au détriment des Kalachnikov et des obus qu’il n’a pas hésité à faire parler en 2002.  On sait aussi que l’étudiant qu’il était ne pouvait s’offrir plus de 10 pistolets même en jouet en supermarché.  Il est donc clair que « Dr. Koumalo » travaillait pour des puissances occultes.

Le mot d’ordre était clair : « Gbagbo l’infréquentable, le génocidaire, l’anti musulman, l’anti nordiste, doit partir. » Alors il fallait déployer les bulldozers : rébellion armée et civile, humiliations, isolément au plan international, campagne médiatique, étouffement économique. Tout un cocktail complet pour créer les conditions.

Comme un chevet sur la soupe, sort un certain Charles Blé Goudé. Revenu le 26 septembre 2002 précipitamment de Manchester d’où il étudiait pour faire barrage à une manœuvre murie depuis des lustres, surtout avec des moyens humains, matériels et financiers colossaux. Le 02 octobre 2002, à la tête d’un mouvement patriotique, il réussit un rassemblement jamais égalé, en circonstances analogues, à la Place de la République à Abidjan-Plateau.

Objectif : dire non à la guerre, à la déstabilisation, engager la résistance aux mains nues. stratégie : le verbe contre le verbe.  Soro Kigbafori est bon tribun et il fallait un contradicteur de son acabit ;  Blé Goudé lui aussi maitre de l’art oratoire.  Mais surtout le verbe contre les armes : la donne change aussitôt après cette mobilisation historique. Résultat : le régime Gbagbo affaibli, se requinque. ‘’Une bonne partie des Ivoiriens reste attachée aux institutions de la République’’. Le message qui va tout chambouler dans l’autre camp. Charles Blé Goudé est systématiquement dans le collimateur du Mpci, de ses grands parrains surtout.

2éme  péché capital

Lomé, Accra, Marcoussis. Le ballet de négociations et les projets d’accords entre les rebelles et le gouvernement ivoirien se soldent par des échecs. Le 04 et 05 novembre 2004, l’armée loyaliste décide de prendre ses responsabilités. Les différentes positions rebelles à Bouaké, Korhogo, Man et Séguéla sont pilonnées par des avions et hélicoptères des Fds. Succès total pour ‘’L’opération Dignité’’. Rfi parle même de frappes chirurgicales pour qualifier la précision des raids.

Mais il fallait compter avec Jacques Chirac, le Chef d’État français d’alors. Le 06 novembre, la même station radio annonce sur ses ondes que le Président français a donné l’ordre d’abattre tous les aéronefs dont dispose la Côte d’Ivoire. Pour cause, l’un des Sukhoi 25 de l’armée ivoirienne aurait bombardé un campement de l’armée française causant la mort de 8 soldats français et un humanitaire américain. Notons que jusqu’à date personne ne peut affirmer qu’il a vu les 9 corps en question.

L’argument aura suffi. L’armement de l’air ivoirien est cloué à pilori sinon détruit carrément au sol. Chose bizarre, des colonnes de chars français postés à l’intérieur du pays descendent tous sur Abidjan. Le 07 novembre, des colonnes de blindés français censées « sécuriser les ressortissants européens » se dirigent vers le Palais présidentiel de Cocody.  Les ponts Fhb et Charles De Gaulle sont bloqués. Ce jour-là,  dans la confusion, un hélicoptère transportant le leader de la Galaxie Patriotique  en provenance de San Pedro a même failli être bombardé par des soldats du Camp militaire d’Akouédo.

«  Si tu es en train de manger, arrête de manger…L’ennemi petit à petit s’est dévoilé. On a toujours su que la France se cachait derrière cette rébellion. Le bombardement de la base française n’était qu’un prétexte pour nous attaquer. Mais la Côte d’Ivoire est forte de ses idéaux, elle ne se laissera pas faire… »  Lança Charles Blé Goudé.

Un peu plus tard dans la nuit, en ordre de bataille, l’armée française est stoppée dans sa progression vers la résidence de Gbagbo. Agacés face à l’échec de cet assaut final voilé, ces militaires établissent leurs camps au sein de l’Hôtel Ivoire. D’où ils tueront lâchement des dizaines de manifestants aux mains nues.  ‘’Zadi Gbapê’’ venait de sauver le régime Gbagbo pour la 2è fois. Dans le même temps, le ”Général de la rue” obtenait là son visa pour la Cpi. 2é péché capital.

3è péché capital

Au plus fort de la crise post-électorale, l’on a assisté à une belle série de volte-face. L’inimaginable s’est  produit sous nos yeux. Du haut commandement de l’armée à la classe politique en passant par la société civile. Dans un tel contexte, les âmes faibles, faiblissent justement. Les loyaux ne courent pas les rues en pareilles circonstances. Sachez que  l’ex-Ministre de la Jeunesse du gouvernement Aké N’Go est tiraillé de toutes parts aujourd’hui aussi parce qu’il a refusé la compromission.

Ce depuis son exil ghanéen, sa ‘’résidence surveillée’’ abidjanaise, voire incarcération dans les geôles de Scheveningen.  Récemment dans une vidéo depuis la Haye où il vit sa liberté conditionnelle, le président du Cojep a affirmé qu’il a vu passer toutes sortes de propositions. Même des plus folles. Mais ” Le génie de Kpô” a refusé  ‘’la bête de sacrifice’’. Voici les trois ‘’péchés originels’’ que les dieux du monde reprochent pour de vrai  à Charles Blé Goudé. Tout le reste n’est que parodie.

Marius Aka Fils

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