Côte d’Ivoire/ Législatives du 06 mars : plutôt une course de fond vers des ‘’Mélangislatives’’ !!!

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2020 et son coronavirus ont emporté de précieuses vies. Sans parvenir à tuer-là où on l’attendait pourtant- les vieux démons de la politique ivoirienne. Après l’angoissant épisode de la présidentielle, la Côte d’Ivoire va abriter bientôt le tournage de la saison 2.  Consacrée cette fois aux législatives. La bande annonce en dit long sur ce qui arrive.

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Le cost-to-cost, Affi-Georges-Armand Ouégnin des courtes heures de gloire du Conseil National de Transition (Cnt) , n’aura rien donné. De ce côté-là, c’est de notoriété, les égos surplombent l’intérêt commun. Aussi Bédié, le doyen, n’a pu retenir-pour longtemps- à ses côtés, Mamadou Koulibaly, Blé Goudé, Soro, Mabri, Gnamien et autres. On revient donc à la case départ.

Et le grand gagnant de cette fragmentation du l’ex-bloc anti-3è mandat est bien évidement cet homme-alors- à ‘’abattre’’. Tandis que des Ivoiriens avaient cru à ce rêve jusqu’à l’ultime seconde. Celui de revoir leurs mentors en rang serré à l’occasion des législatives à venir. En ligne de mire, la revanche sur le Rhdp. Devant qui ils sont inclinés après des combats épiques courant septembre-novembre 2020.

Il faut dire que Ouattara lui-même n’est nullement à l’abri de surprises désagréables à la faveur desdites échéances. En fait le Fpi, le Pdci-Rda et le Rhdp, souffrent d’une même maladie : la phobie de l’alternance. 1er symptôme : Dah Sansan (Pdt JRhdp) contraint de suppléer Kaba Nialé ; par ailleurs ministre. Dans la Maison verte, c’est ce même malaise qui a poussé l’iconoclaste Alphonse Djédjé Mady à se coiffer de la casquette d’indépendant dans le haut-Sassandra. Lui qui est pourtant adjoint à Bédié.

Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara considèrent en réalité leurs formations politiques respectives comme leur propriété; leur véhicule personnel. Autrement dit, quand ils ne sont pas là la voiture reste garée.

C’est pourquoi le Fpi stagne depuis que Gbagbo est hors du pays. C’est ce qui explique que le Pdci est cloué à pilori depuis lors. HKB n’ayant d’énergie nécessaire pour faire redécoller l’appareil et refusant à la fois tout co-pilote. Au Rhdp, Ouattara ne le cache pas : sans lui le navire ‘’unifié’’ coulera.

Mêmes pratiques, mêmes malaises internes. Conséquence : l’élection des députés fait des frustrés de toute part. Tous grognent. Excepté le Rhdp où la crainte du gourou enterre toute forme de récrimination.

Charles Blé Goudé-pourtant codétenu et élève politique le plus proche, n’a pas fait cette lecture malgré les 25 ans de cours intensifs. Le leader du Cojep n’a pas compris. Peut-être que cet échec relatif au projet d’unité d’actions pour ces législatives lui fera prendre conscience.

En fait si le plan ( coalition pour les législatives) marchait, le Cojep grignoterait quelques sièges à l’Assemblée Nationale. Or l’ex-chef de la galaxie patriotique est plus proche d’Affi N’Guessan que des Gor. Du coup  les caciques ex-refondateurs (Gor) préfèrent ne pas prendre des risques. D’où le flou à lui servi.

Guillaume Soro par contre a eu le nez creux. D’abord parce qu’il a su éviter l’humiliation programmée. Bon nombre de ses bras droits ayant ‘’jeté’’ leur Gps. Ensuite à en croire une source,  tous ceux qui ont annoncé le quitter pour le Rhdp ne disent pas vrai. C’est plutôt l’ex-Pan qui envoi stratégiquement  ses hommes en mission de prospection dans la grande Case. Objectif : préparer la réconciliation en vue de la gestion de l’après Ouattara. L’actuel Chef de l’État aspirant rassembler ses « enfants » avant de leur laisser un bon héritage. Probablement d’ici 2 ans.

Bref, tout est mélangé et ce dans tous les états-majors. Ce qui laisse un grand boulevard aux audacieux. C’est-à-dire les candidats indépendants et de mouvements politiques non traditionnels.

Gros risques de sanction des ‘’favoris’’

Alassane Ouattara candidat à la présidence de la République, tout le grand Nord peut se mettrait en rang pour lui donner sa voix. Cependant rien ne garantit une telle razzia au bénéfice des candidats Rhdp pour les élections locales. Scenario à  dupliquer aussi bien pour les envoyés de Bédié que de Gbagbo.

Car en plus des frictions internes, il y a plusieurs localités où les populations attendent de pieds fermes les cadres-Rhdp. Ceux-là qui leur ont  fermées leurs portes une fois investis de la souveraineté populaire. Aux envoyés de Bédié-Affi-Assoa Adou-Mabri-Mamadou Koulibaly, des électeurs aimeraient bien demander des comptes. Après que ceux-ci aient perdu biens et proches lors de la désobéissance civile.

Que ces solliciteurs s’apprêtent à répondre aux deux questions suivantes : 1 « pourquoi ont-ils subitement décidé de participer à ces législatives ?» (Après une décennie de boycott pour les uns) ?  2 : « Pourquoi n’arrivent-ils pas à s’entendre ? »  Et sans doute une 3è : « Tous ces morts ont servi à quoi finalement ? » Encore que la machine à « victoire » décriée demeure opérationnelle.

Marius Aka Fils  

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