Côte d’Ivoire/ Gouvernance : voilà pourquoi Ouattara peut dormir tranquille !

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« 1er mandat de la 3eme République » « 3éme mandat » !!! Chose certaine, Alassane Ouattara a été déjà  « réélu » à deux reprises depuis sa prise litigieuse de pouvoir en 2011. Désormais il n’est d’ailleurs pas à exclure que l’ex-fonctionnaire du FMI soit de la course de 2025. Du moins si l’on se réfère à la boutade lâchée récemment par l’un des cadres de son parti. M. Philippe Legré peut justement s’offrir le luxe de ce genre de plaisanterie. Car à la réalité,  son mentor est véritablement en roue libre. Et les raisons sont évidentes.

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Quel est le terme qui pourrait  qualifier au mieux l’Ivoirien ? Ce citoyen qui pas qu’il ne voit rien, mais qui ne se préoccupe de rien. Si ce n’est des futilités, des âneries ? En prélude à la mission annuelle du Fonds Monétaire International (FMI), Abidjan s’est empressé de dénicher subitement des coupables de détournements de deniers publics. Après 10 ans de gestion de l’argent du contribuable.

Plusieurs hauts fonctionnaires ont été ainsi  sacrifiés. Sans que les populations ne sachent le sort réservé à ces derniers.  Seront-ils poursuivis ? Bien malin celui qui pourra répondre à ces questions. Quoique  le buzz des « audits » a eu l’effet escompté par ses commanditaires. Une fois de plus,  l’on a réussi à détourner l’attention des Ivoiriens. D’ailleurs qui dit que l’Ivoirien regarde à ces choses sérieuses ?

A l’heure où nous parlons, cette population subit sans sourcier une véritable flambée des prix des produits de grande consommation. Huile, riz, sucre… les prix grimpent au fil des semaines. Pendant ce temps,  La Convention de la société civile ivoirienne (Csci) se dit préoccupée de la dette de la Côte d’Ivoire, estimée à 17 676 milliards de Fcfa, à fin mars 2021, soit « 58% du PIB ».

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En clair, l’État s’endette considérablement tandis que les populations s’appauvrissent davantage . Le misérable en effet c’est celui-là qui est incapable de s’offrir au moins deux plats par jour. Juste parce que ces revenus ont baissé ou demeurent statiques alors que les prix des denrées alimentaires grimpent de façon vertigineuse.

Mais cette situation préoccupe peu l’Ivoirien. Ce qui l’intéresse plutôt c’est comment s’abonner ou se désabonner des comptes (Réseaux sociaux) d’un certain Makosso. Ou chercher à connaitre  l’actualité d’un autre amuseur publique nommé « Apoutchou National » ? Ou du moins les dernières vidéos de  Fior de Bior. Quelqu’un nous disait que dans un pays sérieux, «  Gnommi hè lait qui est bon » ne saurait se transformer un tube. Et l’analyse de notre interlocuteur est plus que jamais justifiée.

Effectivement dans un pays sérieux, autant on peut admettre les élèves apprennent le Nouci à la place du Français et des autres langues autorisées à l’école, autant on peut accepter que la télévision fasse la promotion de la médiocrité. Mais au pays de Ouattara, il suffit de dire ‘’à qui la faute ?’’.  On est aussitôt reçu, son chien avec,  sur des plateaux Tv. A commencer par la télévision dite d’État.

Les écrans Rti 1 et 2 présentent  à longueur de journée une Côte d’Ivoire paradisiaque. Quoi de plus logique su Chef de l’État affirme lui-même  que son « pays est  au bord du paradis » ?  Pourtant le 22 juillet 2021, le Conseil d’administration du FMI  au terme de sa mission  de  consultations de 2021 au titre de l’article IV avec la Côte d’Ivoire déclarait ceci :  « Les administrateurs soulignent qu’il importe de reconstituer des marges de manœuvre budgétaires, de poursuivre une stratégie d’endettement prudente et de faire avancer les réformes visant à développer les marchés financiers régionaux. (…) Les services du FMI ont convenu de l’importance de continuer à améliorer la mobilisation des recettes intérieures par la rationalisation des exonérations d’impôts, l’élargissement de l’assiette fiscale, et le renforcement de l’administration fiscale. tout en préservant la viabilité macroéconomique et de la dette et en renforçant la résilience aux chocs éventuels,. Les services du FMI ont également souligné l’importance d’assurer une trajectoire d’assainissement budgétaire progressive pour revenir au critère de convergence de l’UEMOA d’un déficit budgétaire de 3 pour cent du PIB d’ici 2023.

Sauf que dans ce pays, comme le disait Machiavel dans son œuvre  l’Art de Gouverner, l’une des prouesses de l’administration Ouattara est qu’elle est parvenue parfaitement à accentuer chez l’Ivoirien la fortuna. Dans le même temps privé ce peuple  du virtu .  Ce en complicité surement avec ces champions des réseaux sociaux appelés accidentellement influenceurs. Ces bouffons commis d’office qui chaque jour ‘’ouvrent un nouveau dossier’’ de diversion et emballent tout une population.

Du coup Ouattara peut dormir tranquille car si la société civile essaie  bon an mal an d’interpeller l’État comme c’est le cas avec la Csci, l’opposition elle, peine depuis plus d’une décennie à trouver ses repères. Pauvre Côte d’Ivoire !

Marius Aka Fils   

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