CNRA : les agents [cerveaux des performances agricoles] en grève (primes et salaires impayés ) !

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Aidons-nous à comprendre au mieux la gravité de la situation. Imaginez que les gouvernants nigérians et angolais décident de priver l’élite de production pétrolière de primes et de salaires. Imaginez qu’en France, les secteurs du tourisme et de l’aéronautique subissent les mêmes traitements ? En peu de temps, ces 3 pays perdront les places qui sont les-leurs dans le concert des nations. Et bien c’est ce qui risque d’arriver à la Côte d’Ivoire dont le gouvernement a choisi de cracher sur la recherche agronomique, moteur de sa machine économique.

Après la grève d’avertissement, les travailleurs du Centre National de Recherches Agronomiques (CNRA)entament un arrêt de travail de trois (3) jours à compter de ce lundi 20 juillet. Sachez jusqu’à la date du vendredi 17 juillet dernier, ces artisans du progrès économique ivoirien n’avaient pas encore perçu leurs dus. Sans salaire pour l’ensemble mais aussi sans prime pour les chercheurs qui courent après leurs primes de recherche depuis le 4ème trimestre 2019. Soit 9 mois sans que ceux-ci ne touchent ce qui leur revient de droits.

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Une grève au CNRA ébranle moins qu’une mutinerie dans l’Armée ou un débrayage dans la Santé. Pourtant l’intelligence devrait nous faire comprendre que ces 3 faits ont des degrés de gravité similaires. D’abord parce que c’est grâce au CNRA-donc au travail de ces agents curieusement malmenés par l’État de Côte d’Ivoire- que celui-ci réussit à payer professionnels de santé et militaires. Mieux, gouvernants comme populations, devons nos routes, nos  hôpitaux, nos écoles etc. aux fruits de leurs études.

Si la Côte d’Ivoire parvient aujourd’hui à s’endette à tour de bras c’est parce qu’elle est solvable vis-à-vis de ses créanciers. Tous ceux qui prêtent de l’argent à l’État le font en ayant l’assurance que chaque année ce pays exportera des millions de tonnes de café, de cacao, d’hévéas vers l’Occident. Ainsi ils pourront recouvrer progressivement leur argent avec les intérêts qui vont avec. Et si malgré la rareté des terres arables, la concurrence régionale voire mondiale au niveau des spéculations citées plus haut, le pays continue de tenir le haut du pavé, c’est bien grâce au CNRA.

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En fait, cette instance scientifique de pointe est en permanence au laboratoire pour non seulement améliorer l’existant mais innover. Désormais les producteurs agricoles n’ont plus besoin de grands espaces pour produire en qualité et en quantité. Sachez que l’Attiéké que nous consommons et pour lequel le gouvernement avait engagé il y a peu la honteuse bataille de paternité (labellisation), est à l’origine, l’œuvre du CNRA. Aujourd’hui sa trouvaille dénommée Bocou 5 (variété de manioc) donne une saveur particulière à cette denrée qui s’exporte à travers le monde nourrit et fait vivre des milliards de personnes.Ces chercheurs qui trouvent ont justement trouvé le ‘’Cacao Mercedes’’ pour le relancer la cacaoculture. Ces chercheurs qui trouvent sont également à la base du raccommodage de la filière coton .

Paradoxalement c’est ceux-là qui sont vilipendés. Fait symptomatiquement des maux de la nouvelle Côte d’Ivoire qui clame rechercher l’excellence tandis qu’elle prive ses intelligences de leur salaire, leur prime, du minimum. Ces personnes qui le doctorat en poche ont choisi de mettre leur génie au service de la patrie en nos forêts en bureaux avec tous les risques que cela pourrait comporter. Ce pays a vraiment décidé « d’étonner le monde ». Puisse Dieu aider ces milliers de planteurs et agri-entrepreneurs dont la survie est liée à la recherche agronomique.

Marius Aka Fils  

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